” La peinture se résume à une surface sur laquelle un certain nombre de couleurs sont savamment agencées”.
Cette phrase célèbre de Malevitch exprime bien le défi posé au peintre.
La toile est comme une fenêtre sur un univers personnel.Vierge elle pose déjà un problème de composition à l’artiste.
Première question: quel format choisir?
La toile ou la feuille de dessin est une surface en deux dimensions: la hauteur et la largeur. Ces deux entités dialoguent par leur rapport: >1 ( format portrait ) ou =1 ( carré ) ou <1 ( format paysage ).
Il est assez rare d’utiliser le carré car l’égalité est synonyme d’ennui. A titre d’exemple “le bain turc” de Ingres exprime tout à fait l’état de lascivité et d’ennui dans lequel se trouvent toutes ces courtisanes. Elles passent leur journée à attendre le sultan.

A l’inverse ” l’annonciation” de Leonardo da Vinci est très allongée ( presque un rapport de 1 à 3 entre hauteur et largeur ).
Cette mise en scène permet à mon sens de respecter la distance qui devait séparer la vierge de l’ange.
Dans la plupart des annonciations de l’époque la symbolique devait être respectée. Daniel Arasse dans son livre ” histoires de peintures” a très bien analysé les annonciations de la renaissance italienne.
En général des colonnes séparent les deux personnages pour bien marquer leur statut.
Mais comme Leonardo ne se satisfait pas des solutions de l’époque, il innove.
